Du pré à l'assiette :le lycée de Kerlebost a décidé d'investir dans les circuits courts .
Parfois une démarche qui semble très simple en théorie devient très compliquée à mettre en pratique. C'est le sentiment qu'éprouve actuellement Yvonick Lorcy, directeur au lycée de Kerlebost. Installé à Pontivy depuis la rentrée 2009, il voudrait faire bouger les choses, côté restauration, en utilisant les circuits courts. Seulement voilà, simple en apparence à mettre en place, son idée prend du temps.
Baisse de qualité
Partie d'une sorte revendication formulée par les élèves, lors du changement de prestataire du service restauration en septembre2009, une réflexion globale sur la restauration a été lancée. Proposée en liaison chaude jusque-là, elle est alors passée en liaison froide, entraînant par la même occasion une augmentation des coûts pour l'établissement. Maisles élèves n'y ont pas trouvé leur compte. Ils ont constaté une baisse de la qualité et en ont informé la direction.
Utiliser des circuits courts
À l'écoute de ces jeunes, Yvonick Lorcy a cherché une solution en collaboration avec le conseil d'administration, pour améliorer la qualité. Partant du principe qu'au lycée «on élève des animaux de qualité, l'idéal serait d'utiliser le circuit court et de proposer les produits de l'exploitation aux jeunes de l'école »,note Yvonick Lorcy. L'objectif posé restait la question de sa mise en oeuvre.
Les animaux élevés sur l'exploitation de l'école, puis abattus tous les mois, sont déjà commercialisés via l'Arep de Kerbertin qui vend à ses clients des cartons de viande coupée. Pourquoi ne pas alors récupérer une partie de cette viande pour la servir au self en collaboration bien sûr avec «Ansamble», le prestataire de service de Caudan.
92% de viande importée dans les cantines
Problème, le cahier des charges extrêmement rigoureux a fait traîner les choses. «Produit pas référencé, idée compliquée à mettre en oeuvre, etc.», a répondu «Ansamble». Mais Yvonick Lorcy n'a pas lâché prise. Et en décembre2009, une étude demandée par la FNSEA est tombée à pic pour appuyer sa théorie. En recensant les produits utilisés dans les cantines scolaires on a constaté que 92% de la viande était issue de l'importation! Cette prise de conscience a permis d'enclencher le processus.
Lors d'une table ronde organisée par la FNSEA, «Ansamble» a été le seul prestataire à se déplacer et a accepté la mise en place d'une étude de faisabilité. En mars dernier, la première expérience a été lancée... Un boeuf oignon sera très bientôt réalisé pour l'établissement avec de la viande issue de l'exploitation de l'établissement.
Les élèves ne connaissent pas le jour de la programmation de cette recette. Ils auront la surprise et devront par la suite se prononcer sur le menu. S'il s'avère qu'il y a une nette différence et que la réalisation avec «Ansamble» est possible, ce qui n'est encore qu'une première, pourrait bien devenir un rendez-vous régulier. Le bilan sera fait en septembre. Àla rentrée prochaine, un repas par mois pourrait bien être cuisiné ainsi. «On envisage aussi d'utiliser des légumes du centre de formation», assure le directeur, qui ne manque décidément pas d'idées.


